Communiqué sur les résultats du premier tour

12/06/120612 · 3 mn

Les délégations départementales corses de l’Union Populaire Républicaine prennent acte du taux d’abstention historique de cette élection législative en ce qu’il concorde, une fois de plus, avec nos analyses de la situation politique grave dans laquelle se trouve la France. Avec un taux d’abstention national supérieur à 50%, troisième record de non participation aux élections législatives (après 2007 et 2012), la tendance est aujourd’hui manifeste : les électeurs ont perdu confiance dans leurs élus et leur pouvoir de changer les choses. Ceci confirme cruellement ce que François Asselineau et l’UPR dénoncent depuis 10 ans, à savoir, la dépossession des leviers de commande du pouvoir en France des élus du peuple au profit du système technocratique, opaque et non élu de l’Union européenne.

Nous souhaitons quand même souligner que, nouveaux venus sur le terrain des élections législatives, novices en politique et disposant de financements limités, nos candidats ont mené une campagne assise exclusivement sur un programme, des idées, et leur motivation personnelle. A ce titre, nous notons que notre candidate dans la deuxième circonscription de Corse-du-Sud, Nadia Soltani a presque obtenu 1% des suffrages, ce qui est encourageant. Nous remercions sincèrement tous les électeurs et tous les militants qui ont soutenu Nadia Soltani, Lionel Sonnette, Romain Padovani et Jérôme Bianchi.

Nous reconnaissons la performance des candidats nationalistes mais nous constatons surtout la victoire par défaut du parti présidentiel et nous exprimons toute notre inquiétude suite aux déclarations et aux positions prises par M. Macron dès le début de son mandat. En effet, celui-ci n’a jamais caché sa complaisance vis-à-vis des politiques imposées par Bruxelles, politiques que nous considérons comme mauvaises car guidées non par des analyses sérieuses mais par une vision dogmatique et déconnectée des réalités de l’économie. Ainsi les chantiers prévus par le gouvernement, à la demande de Bruxelles, ne peuvent que nous inquiéter :

  • la décision de poursuivre la dynamique amorçée par les “lois travail” dont les effets se sont déjà avérés négatifs, en utilisant le système antidémocratique des ordonnances, pendant les vacances d’été, sans prendre en compte l’avis des partenaires sociaux est un déni de démocratie pur et simple;
  • le verrouillage supplémentaire des restes de notre système démocratique par une “loi pour la confiance dans notre vie démocratique” est un exemple frappant de novlangue et de régression démocratique, en plus d’oublier la promesse initiale qui était de “moraliser” la politique, ce dont les élus d’En Marche auraient bien besoin;
  • la décision de transposer dans la loi les directives répressives, liberticides et inutiles de l’état d’urgence, ce qui orientera la France toujours un peu plus vers un modèle totalitaire. Nous comprenons que le gouvernement ait besoin de cet arsenal légal contre son propre peuple étant donné les mesures qui vont lui être imposées.

Ces mesures, associées à la poursuite de la décentralisation initiée avec la loi NOTRe, vont contribuer à aggraver les problèmes que subissent aujourd’hui la Corse et ses habitants : pauvreté, chômage, réduction des services publics vont s’accroître.

Nous maintenons notre ligne car nous sommes convaincus que notre diagnostic est le bon : sortir de l’Union européenne nous permettra de récupérer au niveau national l’expression de notre volonté populaire, nos services publics porteurs d’égalité, notre modèle social porteur de fraternité. Sortir de l’euro nous permettra de rééquilibrer notre économie par la variation du taux de change et non plus par la baisse continuelle des salaires. Sortir de l’OTAN nous permettra d’envoyer un message de paix à ceux qui souffrent plutôt que des bombes. Forts de nos certitudes, nous continuerons à répandre notre message et à expliquer à nos concitoyens la réalité de la situation, quelle que soit sa complexité, dans le respect de tous.

Aucun parti politique ne réclamant la sortie de l’UE, nous ne donnons aucune consigne de vote.